Le cancer n’efface pas la femme, il révèle sa force…

Ce titre très fort, nous le devons à Florence Ansar, de Physiobell, dont le prochain colloque sera sur la thématique « Les cancers au féminin », et c’est Audrey Rémy, une des intervenantes à ce colloque, à qui nous souhaitions donner la parole.

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Audrey Rémy, vous la connaissez, c’est elle qui avait poussé son « coup de gueule », un des articles le plus lus sur notre blog : c’est ici.

Quand la maladie transforme le rapport au corps

Que le cancer bouleverse le rapport à l’image, au toucher et à l’intimité, au-delà des protocoles médicaux, ce sont les transformations physiques, émotionnelles et sensorielles qui impactent la relation des femmes à leur propre corps. Tous les professionnels de l’esthétique, du soin et du bien-être sont de plus en plus sollicités, comprendre ce qui se joue, adapter sa posture et sécuriser ses pratiques devient essentiel. Audrey a été des deux côtés, si je peux dire et son témoignage, nous permet de mieux comprendre.

Au-delà des traitements médicaux, que nous dis-tu ?

Dans le tumulte d’un cancer, certaines femmes cherchent un souffle, une chaleur, une main qui apaise. Les soins holistiques (coupeurs de feu, énergéticiens, accompagnement émotionnel…) peuvent offrir un réconfort précieux, à condition d’être pratiqués, avec humilité, transparence et respect du parcours médical. 

Que l’on y croit ou pas, pour moi, ce fut une aide réelle.

Urticaire géant quand le corps produit trop d’histamine avant la chirurgie, réactions aux médicaments, irritations de la vessie et locales, sans parler de la fatigue post opératoire. Même si lors de la séance (10-15min) de radiothérapie on ne sent rien physiquement, émotionnellement c’est bien différent.

Ce sont les montagnes russes ! Entre la peur de la maladie et/ou des hôpitaux, l’anxiété prend sa place. Une lueur d’espoir et presque d’euphorie quand vous savez que le traitement a agi contre la tumeur. Cette inquiétude sur notre féminité, notre libido. Il se passe tellement de choses que votre cerveau ne s’arrête plus.

Et puis il y a nous, esthéticiennes.

Nous, qui touchons la peau quand elle brûle, qui redonnons couleur, quand le miroir devient difficile, qui recréons un sourcil, une douceur, une respiration. Notre métier est un métier de vérité, de présence, de gestes sûrs et bienveillants. 

L’esthéticienne va être celle à qui on confie les sensations de brûlures, de déshydratation malgré toutes les solutions proposées.

Il n’est déjà pas si évident pour certaines de se maquiller, alors imaginez, quand tous les repères sur votre visage s’effacent. C’est cette esthéticienne qui va soutenir le coup de crayon afin de vous apprendre à redessiner un sourcil, redonner une bonne mine, comment travailler certaines matières …

Il est d’ailleurs très important de travailler avec certains produits plus que d’autres, car, entre compositions et résultats, ils ne sont pas les mêmes sur un visage qui est en phase de guérison versus une peau “normale”. 

L’esthéticienne vous dira que le “crayon sourcil d’Angelik “  (LE SOURCIL by Angelik Iffennecker) avec sa mine très fine pour imiter le poil et sa texture non graisseuse est parfait pour redéfinir un regard et ne pas glisser sur la peau, très naturellement. Le “bronze matte d’Académie Scientifique de Beauté “ avec sa texture hydratante, en base quand l’on ne supporte pas le fond de teint, pour le contour du visage, il vous illumine avec un teint “sun kissed”… Ce sont toutes ces petites choses que l’esthéticienne fera. Elle pourra masser avec précaution et l’accord de l’oncologue. Il y a des massages oncologiques qui se font en centre pour aider à réduire les douleurs musculaires, améliorer le sommeil …

Attention à ceux et celles qui pourraient abuser de notre fragilité

Malheureusement, dans cette quête du mieux-être, le vrai et le faux se mélangent trop souvent. Des promesses irréalistes, des discours flous, des pratiques mal encadrées viennent brouiller les repères et faire du tort à notre profession, pourtant si essentielle dans la reconstruction de l’image et de l’estime de soi. 

Vous pourriez être tentée de vous tourner vers des solutions dont on parle beaucoup sur les réseaux sociaux. Attention, les soins « holistiques » ne doivent jamais se substituer à un traitement médical et il convient de vérifier avec votre oncologue (ou médecin) du bien-fondé. Si de plus en plus de soins esthétiques ou de confort sont réalisés dans le cadre hospitalier, c’est que les bienfaits sont reconnus.

Et pour n’abîmer aucune profession car nous ne sommes pas supposées faire n’importe quoi, et encore moins profiter de la faiblesse de certaines personnes surtout quand elles ont un genou à terre. On laisse de côté Insta et TikTok, les hôpitaux et centres sont assez “ouverts d’esprits” aujourd’hui pour vous orienter vers des personnes reconnues pour leur talent et capacité à aider. Chacun son métier et nous œuvrons ensemble pour une réussite.

Sachez faire la différence aussi entre les marques qui redorent leur blason en s’affichant sur les réseaux sociaux alors que pendant des années elles ont “snobé” les associations pour la lutte contre le cancer ; dès que celles-ci demandaient un petit coup de pouce, certaines maisons étaient trop occupées à ouvrir “de grandes portes”.

Sans parler des ingrédients déplorables cachés sous de jolis noms glamour et packagings luxueux.

Un grand merci à “Même” qui a créé une marque complète 100% dédiée à la cause, (quel bonheur de se faire protéger les ongles avant une chimio) elle commence à faire beaucoup de bruits et nous en sommes ravies pour elles. “ASB” encore une fois très humble et discrète mais avec une efficacité et irréprochabilité des ingrédients que beaucoup leur envie , “Ardevie” jolie marque et avec un de mes produits phares, le macérat quiétude, pour apaiser l’anxiété avant les traitements. Et puis une jolie découverte il y a quelques temps, Kure Bazaar et sa collection “Therapy cosmetics” pour des ongles sains et protégés.

NDLR : pour exemple, les Centres de Beauté du Cew, qui dans 41 établissements proposent des soins onco-esthétiques individuels aux patients hospitalisés.  Belle & Bien qui proposent également des ateliers, ou l’institut Rafaël qui accompagne gratuitement patients et aidants pendant et après un cancer.

Rappeler ce qui est juste, ce qui est sûr, ce qui est utile, n’est pas un combat, c’est une responsabilité

Responsabilité de protéger les personnes fragilisées, et de défendre la beauté profonde de notre métier. 

Vous ne réalisez pas « juste un soin », vous apportez un « mieux-être », une parenthèse extraordinaire dans un moment de vie compliqué. Ces moments si précieux de lâcher prise ont un impact bien plus grand que vous ne l’imaginez, quand le quotidien, c’est la maladie.

Alors, il est essentiel de se former et de comprendre. Vous ne pouvez pas improviser. Aujourd’hui, vous savez tous que l’on ne fait pas de drainage lymphatique sur une personne qui souffre d’un cancer, pas de Deep tissue, rien de stimulant… non plus. D’où votre questionnaire de santé et votre check up avant chaque prise en charge même et surtout pour des clients réguliers.

J’ai déjà entendu « dans votre cas, nous ne pourrons que vous proposer un soin visage… », c’est fort regrettable de s’adresser de la sorte à une personne qui vient chercher du réconfort et une échappatoire de quelques minutes à la réalité… 

Chaque métier a ses spécificités et même si nous voulons être sur tous les fronts. Quand les Spas et hôtels deviennent de véritables cliniques, on ne s’improvise pas coach sportif, diététicien, energéticienne ou esthéticien(ne)… nous avons des formations reconnues, importantes pour ne pas mettre la vie d’autres personnes en porte-à-faux. Je ne me rappelle pas lors mon diplôme d’esthétique avoir eu un chapitre mentionnant “une séquence tirage de cartes”, en revanche combien de muscles sur le visage capables de conduire tant d’expressions ? et lequel travailler pour “lifter”, relaxer ? … ou encore pourquoi le double trempage est pratique terrible tant sur un point de vue hygiénique et qu’esthétique ? 

La spécialité est reconnue, alors ne nous perdons pas dans un marketing de masse.

Notre métier c’est la douceur, le conseil, l’écoute et même si nous avons de l’or dans les mains il est plus important d’en avoir dans le cœur. 

 

 

Guerrière tu es, tu as fait de ton cancer une force … Mais quel est le message que tu souhaites porter aujourd’hui ?


Rester debout même quand le vent vous couche, en faire une force et une lumière. J’ai appris que le bien-être n’est pas un luxe mais une nécessité.
 

Que derrière chaque geste esthétique il y a une intention : apaiser, redonner confiance, réconcilier une personne avec son reflet.

Ce sont des mains, des regards, des présences.

Des professionnel(les) formé(e)s, engagé(e)s, qui savent accompagner sans jamais se prendre pour un médecin ou autre.

Après la religion et le coaching, c’est aujourd’hui le secteur du bien-être qui arrive en tête des signalements liés à des dérives sectaires. Est-à dire que l’on est plus fragile psychologiquement dans ces moments là ?


Il faut bien le reconnaitre lorsque nous sommes au plus bas (un cancer, un burnout …), nous cherchons du sens, un soulagement, une solution rapide qui promettent guérison ou transformation totale. Et même si ces promesses sont très séduisantes lorsque la médecine, la psychologie ou la vie ne donnent pas de réponses simples.

Il faut faire très attention. La grande majorité travaillent avec des praticiens (esthétique, massages, sophrologie, énergétique…) de manière éthique. Mais beaucoup tombent dans l’engrenage par peur et ou par épuisement de charlatans. 

Toi comme moi, nous nous insurgeons contre cette nouvelle mode qui consiste à invoquer les neuro-sciences, la physique quantique ou à tirer les cartes, à appeler les mémoires akashiques, avant de faire un soin esthétique … Question de territoires ou besoin de remettre l’esthétique à sa vraie place 


Une vraie esthéticienne, n’aura pas besoin de mille et une choses pour offrir un réel bien-être. Une bonne analyse de la situation dès le départ, le choix du protocole de soins créés par (et ou avec) la ou les marques partenaires, et son talent. 
 

C’est un peu comme au restaurant plus la carte est grande plus elle devient confuse et nous perdons la crédibilité. Encore une fois il ne faut pas vouloir tout mélanger et Il faut savoir rester à sa place. 

Le colloque se tiendra du 22 au 24 mai, au Novotel de Massy-Palaiseau, il sera consacré à l’accompagnement des femmes touchées par les cancers féminins, pour comprendre les enjeux physiologiques, émotionnels et relationnels liés à la maladie, et réfléchir à la juste évolution de la pratique en instituts. 

Si vous souhaitez vous inscrire, et que vous êtes membre Spa-A, faites-le nous savoir (c’est ici), une remise exceptionnelle de 200 € vous sera accordée. 

 

Le colloque Physiobell’ du 22 au 24 mai sur LES CANCERS AU FÉMININ – en savoir plus : c’est ici.

Propos recueillis par Marie-Paule Leblanc-Peru Présidente bénévole Spa-A.

Retrouvez le profil membre Spa-A de Audrey Rémy : c’est ici
celui de Florence Ansar : c’est ici

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